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Janvier 1999 sympathiquement retapés pour nous par Pascal AUDOUX |
Concert des Wampas
27 novembre, Elysée-Montmartre (Paris)
Malgré une longue pratique, les Wampas sont une spécificité locale toujours fringante. Et leur chanteur, Didier, n’a rien à envier aux grands allumés du rock. C’est le seul à appeler ses fans survoltés « mes chéris, mes nounours, mes amours ». Le seul également à se jucher sur une chaise pour que personne ne rate une miette de son show déjanté. Le seul à oser la veste lamée sur une combinaison blanche savamment déchirée au fil des morceaux. Le seul à s’exhiber avec une couronne, le seul à se faire désaper par la centaine d’agités qu’il incite à envahir la scène alors que ses complices déchaînent les foudres du punkabilly des débuts. Avec pour unique décor une enseigne lumineuse qui exhibe leur nom façon Las Vegas, les Wampas restent l’un de nos meilleurs groupes live, seuls à conjuguer avec un tel aplomb rock’n’roll, passion et dérision.
« Chicoutimi »
FKO/PIAS
Impossible de se débarrasser d’eux... Ils ont survécu au punkabilly, à l’alternatif, à une signature dans une major, aux aléas de la renommée et, quatorze ans après leurs débuts déjantés, ils sortent un septième album qui prouve qu’ils ne se sont toujours pas calmés. Evidemment, on pourrait se gausser de leur fusée rétro à deux étages (les sixties et le punk rock), de l’aspect désuet de leur références (Pompidou, Washington Dead Cats) ou de leur goût certain pour la provo caca-boudin (?). Certains morceaux sont d’ailleurs énervants tant ils semblent tirer des ficelles usées et approximatives. Mais, une fois de plus, ce disque montre qu’il existe un véritable mystère Wampas. Perpétuellement menacé par l’écrabouillement, leur répertoire s’en sort par le haut : des mélodies attachantes alpaguent par surprise (« Pompidou », « Twist », « Ma mère me rend folle »), des idées estomaquent (la version techno de « Peggy Sue »), l’énergie n’est que rarement prise en défaut, la passion pour le rock sauvage avec guitares reste toujours aussi intense et les textes savent renouer avec les délires enfantins, grâce à l’approche vocale très particulière de Didier, entre névrose et hystérie. A l’arrivée, tous ces éléments délimitent un style immédiatement identifiable et résolument original qui conserve son potentiel barge et sulfureux intact. Les hauts et les bas font partie du jeux : quand ils ratent leur coup, les Wampas se plantent en beauté mais, lorsqu’ils le réussissent, ils atteignent des sommets insoupçonnés, d’autant qu’ils ne laissent ni le temps de souffler ni celui de se lasser (dix-huit morceaux en trente-huit minutes, qui dit mieux ?).
- Dans "bruits et graffitis" n°9 de novembre 1984, nous apprenons
que les
Wampas se sont formés en Mars 83 de trois anciens "Gros Dégueulasse"
(chant batteur et guitariste) et d'un ancien "ZU 75". Etant tous originaires
du punk ils créent alors que le punk s'enterre, un nouveau son a
mi-chemin entre le keupon et le rockabilly, le Psycobilly, musique rockab',
énergie et folie punk !
-"le dékapsuleur " n°1 Décembre 84 : Les wampas
n'ont pas encore sorti leur
premier 45T, ils n'ont que 15 morceaux dont une reprise "jungle rock",
leur manager est alors Rascal ( alors ex-president du fan club des Météors).
A la question quelles sont vos influences musicales, Francis Wampas réponds
alors "Au début on était punk, puis on a essayé de
faire du rockabilly tout en sachant qu'on y arriverais pas. Ce qui donne
un style qui nous est très personnel. C'est une évolution,
mais on se considère comme punk", il rajoute qu'ils ne jouent pas
du punk parce que pour eux le punk est mort, "il n'y a plus que du hard-core".
Vous vous demandez peut être de quoi était composé
le public des Wampas à leur début ? Didier: Y a un peu de
tout; des punks, des psychos et surtout des skins: ce qui fait un peu fuir
à tort les autres." Notons aussi que les Wampas précisent
avoir fait une première partie des Metoers a Vincennes et qu'il
y a pas assez de meufs à leurs concerts.
-"Comme un boomerang" N°3 Décembre 86: les Wampas
sortent un petit
historique du groupe: "Au départ, les Wampas étaient
formés dans un but précis: on voulait créer la synthèse
entre les Ramones et les Chaussettes Noires. Pour ça on a bénéficié
du soutient inconditionnel du meilleur fanzine des Meteors, j'ai nommé
le défunt Creepy Crawly. C'est d'ailleurs sur ce label qu'on a sorti
notre unique 45T 4 titres... A tel point que Rascal, le patron de Creepy
Crawly, est maintenant notre manager. A nos débuts, ils y a deja
deux ans et demi, notre following parisien était essentiellement
skin: notre coté fou-furieux les attirait ! Quand on entamait les
premières mesure de notre méga-hit "ma p'tite amie est nazie",
ces connards faisaient tous le salut Hitlerien ! Ils avaient pas compris
que c'était une chanson clin d'oeil aux Ramones. Tu sais on est
pas un groupe qui cultive l'ambiguïté.." On apprend aussi dans
cette interview que Didier est un fan de Johnny Hallyday, que Alain Wampas
n'a pas d'idole, et que Nico a flashé sur Midnight Oil en 86 ! Voici
le dernier cri de cette interview pour Didier: "Je voudrais quitter mon
boulot de fonctionnaire de métro pour arriver au sommet sans jamais
baisser ma culotte, tout en offrant sur scène un spectacle que j'ai
toujours espéré voir en tant que spectateur. Dans cette veine
là l'exemple c'est certainement Berurier Noir.", celui d'Alain:
"Le rêve ça serait que les skins, les punks, les rockers viennent
tous au concert des Wampas pour qu'on s'éclate ensemble."
-"Frisson" n°5 Avril 88: On apprends dans cet article que
Nico faisait
parti du groupe punk Kremlin Contigent (et des Washington dead cats)
et qu'il joue debout quelles que soient les circonstances. On apprend aussi
que si la pochette du premier album des wampas est si triste c'est à
cause d'Alain. "Ouais ! La pochette, c'était le trip d'Alain pas
le notre..."