| Nous sommes loin des petits minets
des beaux quartiers qui se gominent un semblant de crête sur
la tête et « pogotent » sur Indochine. Élevé
aux Ramones, aux Sex Pistols ou avec les Who, Didier Wampas ne fait
pas dans la demi-démesure. Avec des textes alertes et surréalistes,
beaucoup de bruit et un jeu de scène à haut risque,
il trimbale à bouts de cordes son groupe, de troquets en
scènes de fortune, depuis maintenant une vingtaine d’années.
Les Wampas sont devenus populaires en 2003 avec la chanson sur le
portefeuille de Manu Chao (album Never trust... ). Le groupe n’est
pas entré pour autant dans le système. Aux Victoires
de la musique de cette même année, Didier Wampas a
rappelé sur le plateau de télévision qu’il
« détestait Kyo et la variété pourrie
». Sans forcer le trait, ce groupe, qui a survécu à
la génération Béruriers Noirs, réanime
le rock alternatif français, avec un public désormais
résolument plus large.
Au début du mois de février, l’incorrigible
donne une nouvelle fois un coup de pied dans la fourmilière
en signant un single, Chirac en prison, qui relève volontiers
de la provocation à bon marché, condition d’un
certain impact médiatique. Mais cette partie visible de l’iceberg
dissimule une litanie d’autres chansons bien plus talentueuses
qui constitueront |
le prochain album Rock’n’roll Part 9 (sortie le 6
mars). Sans parler des précédents disques comme
Les Wampas vous aiment (1990), Simple et tendre (1992) ou Trop
précieux (1996).
Le groupe débute sa tournée ce 27 janvier à
Angoulême, pendant le festival de la BD, avec toute l’abnégation
de Didier Wampas que l’on devrait retrouver sur scène,
un temps accroché au décor, un autre au milieu de
la foule en train de sauter sur un trampoline.
Cependant, si le personnage Didier Wampas est déroutant,
la personne est beaucoup plus sobre : « Je ne fais pas partie
de ces artistes engagés, je ne me sens pas obligé
d’être de gauche, je suis encore moins un anarchiste,
je n’appartiens à aucune école et je me fous
aussi de savoir si je suis, ou non, un punk. Je sais juste que
je suis un rêveur et quelqu’un de très optimiste
comme lorsque j’avais 15 ans », explique le chanteur.
Chrétien – lecteur de la Bible –, adorant la
musique classique, travaillant – parallèlement à
son activité artistique – à la RATP, marié
et père de deux enfants, ce Don Quichotte des temps modernes
surprend par sa normalité et sa liberté de pensée.
En somme, un punk sympathique et, dès lors, attachant.
JEAN-CHARLES CHAPUZET
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