Emission "En juin ce sera bien"
10 mars 1999
(La cinquième)
Emission en direct et en public, pour les jeunes "de 14 à 20 ans", présentée par un gentil garçon, Gaël Leforestier. Ce mercredi il accueillait  les Wampas. Après une interview de 10 minutes le groupe a fait son numéro : les musiciens en play-back, Didier en live. JO n'ayant pas pu être présent à l'émission c'est une charmante nana brune (Delphine je crois...) qui faisait figuration (Attention à toi JO ! Ce genre de truc ça peut donner des idées...).
Bobi One et moi avions téléphoné pour participer à l'émission. L'équipe nous a proposé d'interroger Didier.
Voici la retranscription de l'interview. J'ai volontairement conservé le style oral pour rendre le rythme de la conversation. Ne vous étonnez donc pas des fautes de français qui, à l'oral, ne se remarquent pas mais qui peuvent choquer à l'écrit.

Gael (Gaël Leforestier) : Les Wampaze (!)...groupe de rock alternatif depuis les années 80... à la grande époque... les Béruriers Noirs, Ludwig, etc, etc...Ils avaient une sacrée énergie sur scène...

Ils ont toujours autant d'énergize d'ailleurs sur scène...Avant de les accueillir comme il se doit, un extrait du clip de "Ma mère me rend folle", réalisé par Spielberg lui-même ; il a jamais fait mieux...
Le clip 

Gael : Les Wampas sont parmi nous et Didier, le chanteur du groupe, nous rejoint. Applaudissements s'il vous plaît (clap clap clap). Asseyez-vous, je vous en prie. Didier bonjour

Didier : Salut

Gael : Les Wampas sont pas loin parceque...

Didier : Ouais, ils sont derrière

Gael : ...vous nous faites une petite surprise dans quelques minutes ; merci beaucoup. Combien de centaines de miliers de dollars pour la réalisation de ce beau clip dont on vient de voir un extrait ?

Didier : Ben, rien !

Gael : Rien ?

Didier : C'est gratuit

Gael : C'est gratuit ?

Didier : C'est vrai en plus

Gael : C'est vrai ? Vous l'avez tourné avec un camescope à la maison, non ?

Didier : Voilà, c'est un copain à nous qui l'a fait. On a rien payé

Gael : D'accord. Depuis combien de temps existent les Wampas ?

Didier : Oh...ça va faire15 ans bientôt mais...15 ans...

Gael : Ca fait 15 ans, d'accord, ah ouais...Ok...

Didier : Ca va vite 15 ans, c'est pas grand chose.

Gael : C'est pas grand chose, ça vous parait pas énorme...Ben...justement, Eric a une question à vous poser. Je vous présente Eric

Didier : Bonjour Eric

Gael : Eric, Didier ; Didier, Eric

Didier : M'sieur !

Eric (Bobi One) : Alors, ma question c'était : quelle conclusion tu tires... vous tirez, les Wampas, sur 15 ans de vie de groupe, tant musicalement qu'humainement ?

Didier : Oh...musicalement on n'a pas...ça va doucement je trouve, tu vois. On avance pas très vite, j'ai l'impression qu'on vient de commencer. J'ai l'impression, tu vois, c'est vrai, bon, de commencer... et puis humainement par contre, on a avancé beaucoup plus que musicalement. On apprend plein de choses...ça apprend plein de choses de faire un groupe, de faire du rock...On a vraiment appris beaucoup, beaucoup de choses...

Gael : La composition du groupe a pas mal évoluée

Didier : Oui, ça a changé, ça a beaucoup changé, oui

Gael : Il y a des gens de la Mano Negra qui sont là...

Didier : Oui, des Satellites, tout ça...

Gael : Voilà, des Satellites...excellent groupe les Satellites également...votre public a changé aussi ?

Didier : Et bien, il rajeunit, donc c'est bien.

Gael : Ouais. Y'a toujours du pogo dans la fosse ?

Didier : Ouais, de plus en plus. On a commencé il avait plutôt 25 ans, maintenant c'est plutôt 15-20 ans alors c'est bien...

Gael : Aah, c'est bien...ça reste le pogo...très bien...

Didier : Quand on aura 70 ans ce sera louche un petit peu, avec des filles de 15 ans au premier rang. Pour l'instant ça va.

Gael : D'accord. Vous dîtes que vous voulez continuer à faire...- ça rejoint ce que vous disiez il y a 2 secondes- ...à faire de la musique comme il y a 15 ans et surtout pas en faire un travail en fait. L'argent, la gloire c'est quelque chose qui vous intéresse pas tellement ?

Didier : Ben, de moins en moins. Quand on a commencé à faire le groupe la musique qu'on faisait c'était la musique que personne n'écoutait. Dans mon lycée on était 2 à écouter du rock donc je savais que si je voulais faire la musique que j'avais envie, ben...j'en vendrais pas. Donc on s'en foutait et on continue à s'en foutre. On fait la musique qu'on a envie de faire et voilà.

Gael : Vous travaillez toujours à la RATP ?

Didier : Voilà. Bon, c'est un choix. J'ai pas envie que ce soit un métier. On est parti 1 mois en tournée. Au bout d'un mois t'as l'impression que tu montes sur scène, c'est ton bouleau et ça me plaît pas.

Gael : Et alors pourquoi la RATP, pourquoi vous restez à la RATP ? C'est pour garder les pieds sur terre ?

Didier : Ouais puis, bon, c'est cool quoi.

Gael : Ah oui...Ah ah ah...très bien...ok...De la pub pour la RATP dans "En juin ce sera bien". Eric...une autre question il me semble... je t'en prie...Vas-y...

Eric : Ma deuxième question...euh...c'était quoi déjà ?

Gael : Je sais, je sais...Respire. Tu veux un petit coup de main ? Tu veux ta fiche ? Tu veux ta fiche Eric ? Voilà...Tu voudrais savoir si...

Eric : Ah, oui ! Ma question donc c'était : est-ce que t'as déjà pensé à un autre média que la musique pour faire passer des textes...type littérature ou cinéma ?

Didier : Non, pas du tout. D'abord j'ai pas fait du rock pour faire des textes. Au départ je voulais faire de la musique. J'écoutais des groupes qui chantaient en anglais pendant des années sans rien comprendre et je m'en foutais. Et voilà. Mais je fais des textes en français parceque c'est quand même important qu'il y ait des textes... Mais je fais des textes sur la musique. J'écris jamais de textes touts seuls. Ca m'intéresse pas, non. J'ai jamais eu envie d'écrire ni de faire... non, non. Le rock'n roll...c'est tout

Gael : D'accord...l'histoire de "Ma mère me rend folle" c'est quoi ?

Didier : Oh, c'est une phrase qu'un copain m'a dite il y a des années et ça m'est resté dans la tête...alors je l'ai ressortie.

(suite haut colonne de droite)
Gael : Ah ah ah. Impeccable. (s'adressant à Eric) Tu sais qu'on songe à toi pour me remplacer l'année dernière, on vient de me le dire en régie... l'année prochaine je veux dire. (Brandissant le CD "CHICOUTIMI") Votre dernier album s'appelle "Chicoutimi". Chicoutimi c'est une ville du Québec, il me semble !?

Didier : Voilà. On y a joué l'année dernière. Ca nous a tellement marqué, c'était tellement rock'n roll.

Gael : C'est la ville la plus rock'n roll du monde finalement ?

Didier : J'ai l'impression, ouais. C'est paumé au nord du Canada. On est arrivé dans une espèce d'entrepôt avec que des keupons. C'était...pfou ! C'était un peu comme "Les jours heureux" mais avec des keupons à la place. C'était superbe.

Gael : L'album marche bien ?

Didier : Je sais pas. J'ai pas mis les pieds dans une maison de disques depuis des années. Tout à l'heure je disais qu'on s'en foutait mais c'est vrai. Je mets pas les pieds à la maison de disques. Je veux pas savoir.

Gael : D'accord. Je vous présente Christophe qui a une question à vous poser également.

Didier : Bonjour

Christophe : Alors moi ce qui m'inquiète, parceque je suis fana de rock...

Didier : Hou la la ! Ca l'inquiète...

Christophe : ...c'est qu'il y a une déferlante quand même rap, techno maintenant et j'ai vraiment l'impression que le rock ça commence à perdre au peu auprès des jeunes. Alors est-ce que le rock a encore de l'avenir à votre avis ?

Didier : Comme je te disais tout à l'heure quand j'avais 15 ans on était 2 dans mon lycée à écouter du rock. Je pense pas que ça ait changé...

Gael : Maintenant ils sont 0,5...

Didier : ... Il y en a pas moins aujourd'hui, au contraire. Donc moi ça m'inquiète pas. Personne en France n'a jamais écouté de rock de toutes façons. Ca n'a jamais été une musique...C'est une musique de petits blancs de classe moyenne, tu vois ce que je veux dire ? C'est vrai que c'est pas une musique...

Gael : Vous avez tendance à dire même que c'est assez élitiste maintenant

Didier : Et bien oui, le rock, c'est vrai, ça n'a jamais été une musqiue des mecs dans les cités, quoi...Mais bon, c'est pas grave? moi ça ne me dérange pas. C'est ce qu'on fait, c'est ce qu'on a envie de faire. C'est comme ça qu'on sait s'exprimer donc c'est ce qu'on fait. Si je faisais de la peinture ce serait un truc encore plus élitiste, tu vois, et tant pis quoi...Il y a des peintres et bien il faut bien qu'ils fassent de la peinture. C'est leur moyen de s'exprimer. Ils continuent à faire de la peinture. Ils vont pas à se mettre à faire de la techno parceque la peinture ça touche pas les momes. C'est pas grave...Chacun fait son métier comme il peut, fait ce qu'il a envie de faire, fait son truc et voilà ! Il y a de la place pour tout le monde.

Gael : Parlons de la scène un petit peu. Vous êtes en tourné en ce moment ?

Didier : Oui, on repart là, bientôt.

Gael : Vous repartez. Oui, d'ailleurs toutes les dates sont sur internet...je suppose www.lacinquieme.fr, vous connaissez. Il faut dire que ça mérite le coup d'être vu quand même, de vous écouter et de vous voir sur scène. Vous faites toujours des bons de 15 mètres derrrière votre micro ?

Didier : Ben, ouais. On essaye.

Gael : Vous tournez à quoi pour avoir autant la pêche parcequ'il y a un membre de notre équipe qui voudrait connaître votre recette ?

Didier : A rien, justement ! Non, non, à rien ! Je bois pas, je fume pas, rien ! Justement

Gael : Ah bon ? Justement c'est ce qui vous permet d'avoir la pêche

Didier : Ben oui parceque sinon...Ou alors c'est tout ou rien. Ou il te faut tout et puis...pfiou...au bout de 15 ans c'est...pfiou...

Gael : Au bout de 15 ans c'est dur, ouais. Ok. Petite précision avant que vous nous fassiez le plaisir d'interpréter une chanson en live dans "En juin ce sera bien", euh... Vous chantez faux et vous en êtes fier ?!

Didier : Ben, ouais. Je chante faux, je sais pas pourquoi mais...pour moi le rock c'est tout à fond, c'est con à dire mais tu vois c'est à fond. Et quand je chante j'ai l'impression que si je chante pas à fond, si je ne suis pas au maximum, j'ai l'impression que je suis pas vrai, que je suis pas sincère, donc voilà...Ce que j'ai envie c'est pas de chanter juste ni de chanter bien, c'est d'être à fond, c'est de faire passer quelque chose de fort et voilà !

Gael : Et bien, vous allez en avoir l'occasion tout de suite. Tout de suite dans "en juin ce sera bien", vous pouvez applaudir Didier qui rejoint tout de suite le reste du groupe...les WAMPAS !

(Didier retire son t-shirt et va chanter  "Ma mère me rend folle")



Nico et Jean-Mi jouent les roadies après l'émission